MOD2
Dans mon utilisation, MOD2 correspondait au fonctionnement monoposte : une machine OS/2, plusieurs tâches possibles, avec l’environnement MEMBASIC et les applications habituelles.
OS/2 • MOD2 • POLYMOD2
Avant MOD1 pour Windows, OS/2 avait déjà ouvert une autre voie. Avec MOD2 et surtout POLYMOD2, plusieurs traitements pouvaient réellement continuer à travailler pendant que l’on passait d’une session à une autre. Aujourd’hui cela paraît normal ; à l’époque, c’était une rupture spectaculaire.
Vu depuis le monde DOS, OS/2 pouvait donner l’impression d’un système familier devenu beaucoup plus puissant. On retrouvait la ligne de commande, les programmes en mode texte et une organisation encore proche de ce que l’on connaissait sur PC.
Mais OS/2 n’était pas simplement une nouvelle version de DOS. C’était un système d’exploitation distinct, conçu pour dépasser plusieurs de ses limites, notamment dans la gestion de la mémoire et l’exécution simultanée de plusieurs tâches.
LA DIFFÉRENCE QUE L’ON VOYAIT IMMÉDIATEMENT
Aujourd’hui, cela semble évident : on lance un traitement, on change de fenêtre et le traitement continue. À l’époque, cette possibilité n’allait pas de soi. Sous OS/2, un calcul ou un accès disque pouvait poursuivre son travail pendant que l’on passait dans une autre session. C’est cette différence très concrète qui rendait le multitâche immédiatement perceptible.
Le terme technique est multitâche préemptif : c’est le système qui répartit le temps processeur entre les tâches. L’application n’a pas besoin de « rendre la main » volontairement pour que les autres continuent à fonctionner.
MOD2 ET POLYMOD2
Dans mon utilisation, MOD2 correspondait au fonctionnement monoposte : une machine OS/2, plusieurs tâches possibles, avec l’environnement MEMBASIC et les applications habituelles.
POLYMOD2 ajoutait la dimension multiposte et la gestion de plusieurs utilisateurs ou terminaux autour de la machine centrale. La documentation conservée distingue explicitement MOD2 et POLYMOD2 et traite les tâches, les terminaux et le tableau de bord.
Le point remarquable était la continuité des programmes et des syntaxes. Les applications ne devaient pas être réinventées à chaque changement de plateforme : une grande partie du patrimoine pouvait suivre.
REPÈRES VISUELS D'ÉPOQUE
Ces photographies ne représentent pas une installation Memsoft précise. Elles servent de repères visuels pour retrouver l'univers matériel de la fin des années 1980 et du début des années 1990 : PC IBM, terminaux passifs et liaisons série.



Le souvenir d’un OS/2 essentiellement textuel est cohérent avec la manière dont ces systèmes pouvaient être utilisés. La documentation POLYMOD2 conservée prévoit explicitement deux présentations : mode texte plein écran ou mode graphique Presentation Manager.
Une présentation très proche de l’univers DOS, rapide et efficace, avec les écrans et fenêtres de l’environnement Memsoft.
Une présentation graphique OS/2 pouvait ensuite être activée. La documentation décrit même la conversion des fenêtres POLYMOD2 du mode texte vers le mode PM.
Cela explique bien pourquoi OS/2 peut rester dans le souvenir comme un environnement très performant avant d’être associé à une interface graphique comparable à ce que l’on retiendra plus tard de Warp.
LE MULTIPOSTE AVANT LE RÉSEAU TEL QU’ON LE CONNAÎT AUJOURD’HUI
POLYMOD2 pouvait fonctionner avec des terminaux reliés à la machine centrale. Ce n’était pas nécessairement un réseau local de PC au sens actuel : une partie du multiposte reposait sur une logique de terminal, l’intelligence et les traitements restant essentiellement sur la machine principale.
MOD2 / POLYMOD2 exécute les tâches et gère les applications.
Les communications série permettaient de relier certains postes ou terminaux.
La documentation mentionne les terminaux WYSE et l’émulation PCTERM, avec des paramètres propres aux terminaux.
Faire vivre plusieurs tâches simultanément demandait davantage de ressources. Chaque session, chaque programme et les structures gérées par OS/2 consommaient de la mémoire. La documentation technique POLYMOD2 aborde d’ailleurs en détail la gestion dynamique de la mémoire et la mémoire propre aux tâches.
À une époque où la RAM était beaucoup plus coûteuse qu’aujourd’hui, équiper suffisamment une machine pour tirer parti du multitâche représentait un investissement réel. Je préfère ne pas avancer ici une quantité précise de mémoire sans retrouver la configuration d’époque correspondante.
Ce qui impressionne avec le recul n’est pas seulement OS/2 lui-même. C’est la capacité de l’environnement Memsoft à suivre ces changements : DOS, OS/2, fonctionnement monoposte ou multiposte, terminaux, puis Windows, tout en conservant une grande continuité dans les programmes, les fichiers et le langage.
Cette continuité explique en grande partie pourquoi des applications ont pu traverser autant de générations techniques sans être entièrement réécrites à chaque fois.
LA SUITE
La suite ne sera pas une simple ligne droite. D’un côté apparaîtra MOD1 pour Windows, avec l’interface graphique Windows et ses propres limites de multitâche à cette époque. Plus tard, OS/2 connaîtra une nouvelle étape avec Warp 3 puis Warp 4, qui mérite un chapitre séparé.
Cette page s’appuie principalement sur mes souvenirs et sur la documentation MOD2 / POLYMOD2 encore présente dans le manuel technique conservé : options de lancement, fonctionnement sous OS/2, mode texte ou Presentation Manager, terminaux, PCTERM, communications série, tâches et gestion mémoire.
Les documents complets ne sont pas republiés sur le site. Ils servent uniquement de repères pour reconstruire cette étape technique.